Michel Ciment intègre en 1966 la revue de cinéma Positif dont il devient le critique le plus influent. Il en sera plus tard le directeur de la publication, tout en enseignant le cinéma à l’université. Opposé à la doxa de la politique des auteurs de la Nouvelle Vague, et dénonçant les dérives maoïstes à cette période, Michel Ciment n’en défend pas moins des réalisateurs majeurs, de Buñuel à Bergman.
On lui doit des ouvrages de référence sur de grands cinéastes, tels Kazan par Kazan (1973), Le Dossier Rosi (1976), Le Livre de Losey (1979), Kubrick (1980), Boorman : un visionnaire en son temps (1985), ou Jane Campion par Jane Campion (2014).
Érudit et passionnant, notamment dans les nombreuses conférences qu’il assure, Michel Ciment s’impose comme l’un des plus brillants spécialistes du septième art en France, tout en étant ouvert à la littérature, à la peinture, au théâtre. Il passe aussi derrière la caméra, avec quatre documentaires dont Elia Kazan Outsider (1982), coréalisé avec Annie Tresgot.
Pilier de l’Institut Lumière et des séances de presse du Festival de Cannes, le journaliste et historien du cinéma suscite en outre l’admiration des auditeurs cinéphiles par ses interventions pertinentes dans les émissions de radio Le Masque et la Plume (France Inter) et Projection privée (France Culture), qu’il produit et anime de 1990 à 2016.
Michel Ciment est décédé le 13 novembre 2023 à l’âge de 85 ans.