Mandy Moore appartient à la catégorie des artistes qui se distinguent aussi bien en tant qu’actrices que chanteuses, dans un domaine limité pour adolescentes.
Mandy Moore intervient dans les charts américains à la fin des années 90 avec, dans la tête de ses producteurs, la volonté de surfer sur le phénomène Britney Spears qui éclate avec Baby one more time.
Mandy Moore sort ainsi un premier album, So real, qui est marqué par le succès du single Candy qui atteint la 16e position du top single français où cela sera son seul succès. L’album atteindra la 31e position américaine, avec près d’un million de ventes. On se situe très loin de la révélation de 1998, Britney Spears.
A l’exception de l’Australie, la jeune femme devra se contenter d’une carrière américaine pour tous les albums suivants. Son 3e album, Coverage atteindra la 14e place en 2003, son 6e album, en 2020, peinera à se signaler en 134e position. Son dernier opus, In Real Life ne parviendra même pas à pénétrer le Billboard 200 en mai 2022.
Devant ses ventes décroissantes, chose typique de l’ère précédent l’arrivée des plateformes de streaming pour les artistes en difficulté, sa maison de disques décide d’éditer un best-of en 2004, après seulement 5 ans de carrière. Mais qui sait tout cela en France où la page Mandy Moore a vite été tournée?
C’est donc comme comédienne que les Français connaitront le mieux l’artiste. Les jeunes filles du début des années 2000 peuvent la découvrir dans la comédie adolescente Disney Princesse malgré elle de Garry Marshall, dont Anne Hathaway et Julie Andrews partagent la tête d’affiche.
En août 2001, elle est l’héroïne de la romance Le temps d’un automne (A Walk to remember), avec Shane West qui remporte un beau succès nord-américain, avec plus de 40M$ de recettes locales, pour un budget de 11M$. Trop guimauve pour les spectateurs français, cette production, typique de ce que Netflix produira à la chaîne dans les années 2020, trouve 72 000 spectateurs dans plus de 200 cinémas et sera retirée à l’issue d’une carrière éclair de 3 semaines.
Warner embauche la jeune femme pour Chasing Liberty, en 2003. Cette nouvelle romance, avec également Matthew Goode, est un pur produit Netflix avec 20 ans d’avance. L’échec américain est un avertissement pour Mandy Moore, avec 12M$. L’international le propose essentiellement en direct-to-DVD. En France, Warner en fait une sortie technique : 9 salles pour son lancement estival, 1 écran en deuxième semaine… Le film est passé de 3 554 entrées à 12 fans de la chanteuse. La messe est dite.
Les films se suivent pour la jeune femme et ne sortent pas en France (All I Want, How to Deal)…
Mandy Moore essaie de casser son image avec le film indépendant Saved!, avec Jena Malone et Macaulay Culkin (2005). Il sort sur 5 écrans en France (1 924 entrées). La satire contre les médias de Paul Weitz, American Dreamz est un rendez-vous manqué avec un public plus large et plus adulte. Elle y tient le premier rôle féminin face à Hugh Grant et Dennis Quaid, mais l’insuccès est mondial, avec par exemple 76 000 entrées en France dans 179 salles. Mandy Moore ne perce toujours pas…
En 2007, la comédie romantique Permis de mariage, avec John Krasinski et Robin Williams flingue un peu plus sa carrière (41 000 entrées dans l’Hexagone, 43M$ aux USA).
La même année, elle figure au casting de l’OFNI Southland Tales de Richard Kelly. Le film très ambitieux du réalisateur de Donnie Darko est surtout détesté par la critique et le public. Il sort à peine aux USA (275 000$) et sera exploité directement en vidéo chez Wild Side qui en fait un DTV évènement avec une grosse promotion.
Mandy Moore trouvera la rédemption vocale en 2010. Après avoir démarré en prêtant sa voix à un personnage de Dr. Dolittle 2 en 2001, en 2010, elle est l’héroïne du film d’animation événement Raiponce qui réalise 200 000 000M$ aux USA. Elle reprendra plusieurs fois les traits de la jeune princesse animée, pour la télévision ou au cinéma dans Ralph Breaks the Internet, en 2018.
La jeune femme a tourné pour John Turturro (Romance & Cigarettes, 2005), donné la réplique à Diane Keaton dans Because I said so (2007), ou à Martin Freeman, dans Swinging with the Finkels (2011), mais son gros succès personnel, outre A Walk to Remember sera la série B 47 Meters Down de Johannes Roberts, survival sous-marin dans une cage bloquée dans les fonds marins, au milieu de requins… Cette petite production de 12M$ réalise 47M$ aux USA. En France, exploitée uniquement en vidéo, elle affichera une belle santé également.
Les deux dernières apparitions de Mandy Moore sur nos écrans ne furent pas glorieuses et synthétisent toute la difficulté qu’elle a pu avoir pour être identifiée auprès du public international. Elle est l’une des têtes d’affiche de The Darkest Minds de Jennifer Yuh Nelson, tentative ratée de lancer une franchise littéraire pour jeunes adultes à l’écran (12M$ au B.O. américain pour un budget de 34M$). Ensuite, la déconvenue de Midway au box-office, film de guerre poussiéreux de Roland Emmerich, en 2019, confirmera la malchance de la jeune femme à la carrière trop proprette et tristement fade. Le film est un accident industriel.
Heureusement, comme la plupart des comédiens qui n’impriment pas sur un grand écran, Mandy Moore trouvera une rédemption populaire dans la série This is us, à partir de 2016. Elle en est l’une des interprètes principales et évidemment, la fin de la série laissera un grand vide dans sa vie.
Filmographie de Mandy Moore
(Actrice, longs métrages)
- 2001 : Princesse malgré elle de Garry Marshall
- 2002 : Le Temps d’un automne (A Walk to Remember) de Adam Shankman
- 2002 : Imagine 17 ans (All I Want) de Jeffrey Porter
- 2003 : How to Deal de Clare Kilner
- 2004 : Esprit libre (Chasing Liberty) de Andy Cadiff
- 2004 : Saved! de Brian Dannelly
- 2005 : Romance and Cigarettes de John Turturro
- 2006 : American Dreamz de Paul Weitz
- 2006 : Southland Tales de Richard Kelly
- 2007 : Dedication de Justin Theroux
- 2007 : À la recherche de l’homme parfait (Because I Said So) de Michael Lehmann
- 2007 : Permis de mariage (License to Wed) de Ken Kwapis
- 2011 : Amour, Mariage et Petits Tracas (Live, Wedding, Marriage) de Dermot Mulroney
- 2011 : Swinging With The Finkels de Jonathan Newman
- 2012 : Hotel Noir de Sebastian Gutierrez
- 2017 : 47 Meters Down de Johannes Roberts
- 2017 : I’m Not Here de Michelle Schumacher
- 2018 : Darkest Minds : Rébellion de Jennifer Yuh Nelson
- 2019 : Midway de Roland Emmerich

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