Lionel Baier est un auteur suisse spécialisé dans un cinéma art et essai rigoureux, parfois expérimental, souvent LGBT et toujours personnel.
Après des études de lettres dans la deuxième moitié des années 90, dans sa ville de Lausanne, Lionel Baier se dirige vers la réalisation, le cinéma étant l’une de ses passions. Il assiste dans un premier temps différents réalisateurs et se fait connaître assez vite via des courts et documentaires, notamment le long Celui du pasteur, qui évoque son père.
En France, Lionel Baier est connu depuis Garçon Stupide. Distribué par Pierre Grise Distribution en 2005, l’expérimentation en DV connaît un beau succès dans le centre de Paris, au MK2 Beaubourg, et quelques grandes villes comme Montpellier et Lyon. Le petit budget est un récit initiatique au sein du milieu gay qui investit des thématiques d’époque (sites de rencontre sur internet…). Il est alors interdit aux moins de 16 ans et parle à une clientèle jeune et gay qui remplit le peu de salles qui le projettent.
En 2007, Lionel Baier démarre une tétralogie au succès irrégulier. Comme des voleurs (à l’est), dans lequel il tient un rôle important en tant qu’acteur, laisse la critique et le public indifférents (4 138 spectateurs), et trouvera davantage d’écho en DVD chez Epicentre. En 2014, Les grandes ondes (à l’ouest), avec Valerie Donzelli, Michel Villermoz et Patrick Lapp, est son plus gros succès, avec 79 000 entrées. Son budget proche des 3 millions d’euros en fait l’un de ses projets les plus ambitieux.
En 2022, l’auteur sort le troisième volet de cette tétralogie, La dérive des continents (au sud), avec Isabelle Carré. Malgré sa réussite, le film trouve plus difficilement son public. C’est d’ailleurs la plus grosse combinaison de sa carrière (près de 96 salles contre 3 pour Garçon Stupide en janvier 2005). Cette satire sur l’Europe politique, ancrée dans la crise des migrants, est présentée à la Quinzaine. Elle donne à Isabelle Carré la possibilité d’incarner un personnage de femme originale, lesbienne, peu intéressée par son rôle de mère, mais passionnée par les luttes de Gauche.
Le quatrième volet devrait s’intituler Keek (au nord).
En 2025, on peut découvrir au cinéma La cache, avec Dominique Reymonde et Michel Blanc qui sort peu après la mort du comédien.
Lionel Baier a également réalisé le très personnel et arty Un autre homme, en 2009, et La vanité en 2015, où il dirige notamment la grande Carmen Maura. Le film est un échec et tiendra moins d’un mois en salle.
En 2010, le cinéaste suisse s’essaie à l’expérimentation technique en tournant un film via un téléphone, à une époque où les technologies vidéo sur smartphones étaient encore sommaires. Low Cost (Claude Jutra) est inédit dans nos salles.
Également producteur, Baier a participé aux production du Vénérable W., documentaire remarquable de Barbet Schroeder (2017), au film d’Elsa Amiel sur les compétitions féminines de bodybuilding, Pearl qui est une réussite totale, Les particules de Blaise Harrison, et au documentaire Cinq nouvelles du Cerveau réalisé par l’un de ses amis, le cinéaste suisse Jean-Stéphane Bron (Cleveland contre Wall-Street en 2010, L’Opéra en 2017).
Lionel Baier est l’un des artistes suisses contemporains les plus prolifiques, fervent défenseur des causes LGBT, anti-racistes et féministes.

Affiche : Le Cercle Noir pour Fidelio. Distributeur : Les Films du Losange. Tous droits réservés.