Simon West

Réalisateur, Producteur
Affiche américaine de Stolen, 12 heures avec Nicolas Cage

Personal Info

  • Nationalité : Anglais, Britannique
  • Date de naissance : 1961, à Letchworth, Hertfordshire, Angleterre (Royaume-Uni)

Biographie

Note des spectateurs :

Simon West est un réalisateur anglais connu pour ses films d’action de qualité médiocre. Les ailes de l’enfer est son plus gros succès.

Issu de la BBC dans les années 80, où il commence la vingtaine fièrement brandie, Simon West évolue dans une société britannique où la pop culture embarque tout. Il s’engouffre à son tour dans le flot, abandonnant les documentaires sur lesquels il bossait comme assistant-monteur.

Réalisateur du clip mythique de Rick Astley

Dans les années 80, il saute sur l’opportunité de réaliser des clips pour le trio de producteurs Stock, Aitken et Waterman. Ceux qui révéleront Rick Astley, Kylie Minogue et autres réjouissances adolescentes de l’époque l’engagent pour réaliser quatre vidéos, pour Princess, Mel & Kim (les tubes Showing Out et Respectable) et surtout celui de Rick Astley, Never Gonna Give You Up, tube incroyable en son temps qui donnera naissance à un mème institutionnel dans les années 2010.

Les ailes de l’enfer : du lourd au box-office

Parallèlement, Simon West se distingue dans la pub, avec notamment des spots pour Pepsi et Budweiser. Ces exploits commerciaux lui ouvrent les portes d’Hollywood où il signe un premier film tonitruant. Con Air (Les ailes de l’enfer) est un pur produit Bruckheimer qui est à la production, avec les stars du moment, Nicolas Cage, John Malkovich et John Cusack. Avec 200M$ dans le monde – en son temps un succès solide -, Simon West voit toutes les portes s’ouvrir. Il choisit de faire un détour dans le drame féministe, en dirigeant John Travolta et Madeleine Stowe dans Le Déshonneur d’Elisabeth Campbell. Le succès américain est au rendez-vous avec 100M$, mais le sujet militaire n’emballe pas le reste du monde où le film de studio ne glane que 50M$ de plus.

Le tournant Lara Croft : Tomb Raider

Retour à l’action au début des années 2000. West adapte le jeu vidéo Tomb Raider sur le grand écran. Lara Croft avec Angelina Jolie est un succès considérable (275M$ dans le monde), mais les critiques et les fans du jeu vidéo vilipendent cette production sans aucun charme si ce n’est celui de la comédienne.

Au moins, la même année est-il producteur exécutif de La chute du Faucon Noir de Ridley Scott. Il avait suggéré à Bruckheimer d’accéder aux droits de l’ouvrage originel pour qu’il puisse en faire une adaptation à l’écran. Mais le cinéaste passa à un autre projet, Tomb Raider.

Les ailes de l'enfer de Simon West, affiche française

© 1997 Touchstone Pictures, Jerry Bruckheimer Films

Les majors se détournent de Simon West

L’échec artistique de Lara Croft montre les limites de Simon West qui ne s’en remettra jamais totalement. Semi vaincu, il passe donc par la télévision et produit en 2004 la série Keen Eddie qui ne tiendra qu’une saison.

Simon West ne fait son retour au cinéma qu’en 2006 avec un remake de When a Stranger Calls de Fred Walton. C’est alors la mode des relectures horrifiques et celui de Terreur sur la ligne avec Camilla Belle s’en sort pas mal au B.O. américain, avec 48M$ pour un budget raisonnable de 15M$.

Stallone vient à son aide

West est de nouveau dans la course et se voit offrir des postes pour des séries B grotesques mais qui font de l’argent : le remake du Flingueur avec Jason Statham (2011) est suivi par Expendables 2, avec tous les baroudeurs du cinéma d’action, de Stallone à Schwarzy, en passant par Statham, Jet Li, Norris, Lundgren, Bruce Willis… Le produit est mauvais mais réalise tout de même 314M$ dans les multiplexes mondiaux. On peut voir le film comme un cadeau à un réalisateur du cinéma d’action dans la tourmente, situation que tous les vieux briscards du genre ont connu à un moment de leur carrière.

Le roi de la testostérone sur pellicule tourne également en 2011 Douze heures avec Nicolas Cage, navet intergalactique, et Joker (Wild Card), sa troisième collaboration avec Jason Statham. Mais ce mauvais film ne sortira pas aux USA, et décevra vraiment avec 6.7M$ de recettes mondiales pour un budget estimé à 30M.

L’exil dans la VOD

Avec un tel palmarès, Simon West est contraint à l’exil, loin des salles de cinéma désormais réservées aux auteurs bankables. Il prend donc ce qu’il peut pour payer les factures élevées. Le marché de la VOD s’ouvre à lui avec Gun Shy, comédie d’action avec Antonio Banderas, Olga Kurylenko et Mark Valley. Le réalisateur anglais dirige Dominic Cooper dans Stratton (2017), pour un public britannique. Le reste du monde, dont la France qui le découvrira en avant-première, le verra sur le petit écran exclusivement. Distribué dans 145 cinémas au Royaume-Uni, Stratton ouvre en 27e position et chute à la 50e une semaine plus tard…

L’appel de Pékin et de ses blockbusters flamboyants

West qui déçoit jusqu’à son Angleterre natale? Il doit donc s’exporter comme beaucoup d’artisans de l’action au tournant des années 2010-20. Il essaie de trouver la rédemption commerciale dans la coproduction chinoise Skyfire qui établira sa carrière en Chine, avec seulement 24M$. Mais le film entrera au moins en première place du box-office local.

En 2021, Simon West essaie de réitérer en Chine avec The Legend Hunters. Associé à la réalisation à Li Yifan pour trouver une tonalité culturelle plus asiatique, West est là sur un gros projet qui s’inscrit dans l’univers des Mojin, celui de la série littéraire Ghost Blows Out the Light. La production aurait été chaotique. On dit même qu’il aurait quitté le navire en cours de tournage.

Un cinéaste destiné aux plateformes

En 2022, pour Prime Video, le réalisateur britannique met en boîte 6 épisodes de la mini-série d’aventures historiques Sans limites. Tournée en espagnol, cette production connaît une programmation mondiale sur la plateforme de SVOD d’Amazon. Si le cinéma à l’ancienne semble être une page tournée pour Simon West, le cinéaste ne chôme pas et confirme son étiquette d’artisan ou de tâcheron, celui d’un faiseur de films sans trop de subtilités, que beaucoup ont aimé oublier. Les plateformes diffusent allègrement ses mauvais et ses moins pires navetons. C’est là où se situe désormais la place de cet espoir du blockbuster américain qui aura vite déchanté.

Frédéric Mignard

Filmographie :

  • 1997 : Les Ailes de l’enfer (Con Air)
  • 1999 : Le Déshonneur d’Elisabeth Campbell (The General’s Daughter)
  • 2001 : Lara Croft : Tomb Raider
  • 2006 : Terreur sur la ligne (When a Stranger Calls)
  • 2011 : Le Flingueur (The Mechanic)
  • 2012 : Expendables 2 : Unité spéciale (The Expendables 2)
  • 2012 : 12 heures (Stolen)
  • 2015 : Joker (Wild Card)
  • 2016 : Stratton
  • 2017 : Gun Shy
  • 2019 : Skyfire
  • 2021 : The Legend Hunters (coréalisé avec Li Yifan)

12 heures, affiche du film de Simon West avec Nicolas Cage

Affiche : Laurent Pons pour Troïka © 2012 Medal Productions

x