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Annie Cordy, chanteuse populaire, était aussi une actrice sensible et lumineuse, admirable chez Chabrol, Granier-Deferre ou Vecchiali. Elle vient de nous quitter à l’âge de 92 ans.

De Francis Lopez à Claude Chabrol

Actrice, chanteuse et meneuse de revue de nationalité belge, Annie Cordy débute au music-hall en 1950. Elle apparaît alors dans des spectacles musicaux dont des opérettes de Francis Lopez et, plus tard, des comédies musicales comme Hello, Dolly ! ou Nini la chance. Elle enregistre aussi de nombreux disques, à l’origine de rengaines fantaisistes, telles La bonne du curé et Tata Yoyo, qu’elle chante à Bobino ou sur les plateaux de télévision des années 70 et 80.

Au cinéma, où elle débute en 1954, Annie Cordy est d’abord employée dans des productions exploitant des succès de la scène, à l’instar du célèbre Chanteur de Mexico (1956) de Richard Pottier, aux côtés de Luis Mariano et Bourvil. Elle est aussi à l’affiche d’incunables dont était friand le public de l’époque, à l’image de Cigarettes, whisky et p’tites pépées (1959) de Maurice Régamey.

C’est une Annie Cordy plus sombre qui apparaît dans Le passager de la pluie (1970) de René Clément. Elle devient un temps un remarquable second rôle dramatique, hôtelière dépassée par les événements dans La rupture (1970) de Claude Chabrol, ou maîtresse manipulatrice de Jean Gabin dans Le chat (1971) de Pierre Granier-Deferre.

Annie Cordy, de la fantaisie à l’émotion

Mais les emplois comiques reprennent le dessus, et on la voit pour le meilleur et pour le pire, agent immobilier conseillant Marthe Keller et Jacques Higelin dans Elle court, elle court la banlieue (1973) de Gérard Pirès, ou « véritable baronne de la Tronchembiais » dans Drôles de zèbres (1976) de Guy Lux…

Après des années d’absence au grand écran, Annie Cordy revient sous les sunlights à partir des années 2000, alternant films populaires et cinéma d’auteur. Elle incarne notamment la mère de Michel Blanc dans la comédie policière Madame Edouard (2003) de Nadine Monfils, celle de Franck Dubosc dans Disco (2008) de Fabien Onteniente, la chasseuse de papillons dans Le crime est notre affaire (2008) de Pascal Thomas, et la voisine de Sabine Azéma dans Les herbes folles (2009) d’Alain Resnais.

L’actrice est ensuite la grand-mère échappée de maison de retraite dans Les souvenirs (2015) de Jean-Paul Rouve, d’après David Foenkinos, et l’un des anciens amours de Paul Vecchiali dans son film Le cancre (2016). Annie Cordy a aussi été dirigée par Sacha Guitry, Pierre Tchernia ou Éric Barbier, et a joué dans des téléfilms et séries télévisées.

Crédit visuel : © 2017 Arnaud Borrel / UGC Distribution