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Le quatrième album des Baden Baden est aussi leur plus pur. Un écrin de poésie qui ébranle par sa fragilité dépressive et son infinie beauté. Un bijou.

Désormais plus indépendant que jamais, orphelins du poids de Naïve Records, les Baden sortent leur 3e opus sur leur propre label, Starlite Rec. Leur persistance, après ces quatre années d’absence et pourtant un bel album en français, Mille éclairs, dont on n’a pas pris le temps de se lasser, confine à l’état de survie.

La nuit leur appartient

L’infinie tristesse qui survole les 11 morceaux de La nuit devant, est touchante. Le bijou cold wave qui ouvre l’album, Beach, entrevoit des plages sombres où les horizons musicaux se parcourent sans se soucier du format. Le ton est donné. Il faudra chercher ce retour des Baden dans les sonorités mélancoliques d’A tes côtés, le trip coup de cœur de leur précédent album, qui développait son désarroi sur plus de 6 minutes.

Baden Baden reviennent avec La Nuit Devant
Photo © Bastien Burger

Après dix ans d’existence, le groupe d’Éric Javelle et Julien Lardé parvient l’exploit de réaliser leur album le plus accompli dans sa cohérence, mais surtout le plus éprouvant dans ce que son harmonieuse composition peut apporter en fulgurances nappées désabusées.

Des morceaux désabusés qui confinent au sublime

Le titre Post romantique et sa rupture quasi aérienne convie l’ailleurs de ton et la thématique pourtant bien terre-à-terre de la séparation. Il est alors difficile de ne pas activer la touche répétition au risque de casser une écoute dans sa complétude, car il faut se lancer dans cette thérapie, entre dépression et résurgence, où l’on s’élève à des hauteurs inattendues comme sur l’infiniment lointain BH qui, comme l’ultime morceau, LMR, est une lente désagrégation physique pour ne plus qu’être essence dans un espace fluide.

Si l’on n’est vraiment pas un adepte du choix des titres acronymés (CLSS, PLV, BH, LMR), seule maladresse du projet, la constellation de cette nuit sans fin, qui semble leur appartenir, est constituée de dynamiques tristes : les morceaux rythmés et engageants Les débuts et Les longs formats dégagent l’énergie du spleen qui monte et envahit. Du spleen, Ma chère en comporte également beaucoup, et sa structure fait de ce titre au féminin l’un des grands moments de l’album, même si, dans l’intimisme pur, il ne bénéficie pas des développements fulgurants de L’Américaine ou de PLV et de ses sonorités électroniques, qui rejoint Beach ou Post romantique parmi les plus grands moments d’un duo en mode renaissance.

Sortie le 04 octobre 2019 / Label : STARLIGHT REC. | KURONEKO

Frédéric Mignard

Bande Baden au 7e ciel
Photo © Bastien Burger