Zbigniew Cybulski fut considéré comme le James Dean polonais. Il a été un remarquable interprète pour Andrzej Wajda (Cendres et diamant, 1958), Jerzy Kawalerowicz (Train de nuit, 1959) et Wojciech Jerzy Has (Le manuscrit trouvé à Saragosse, 1965).
Zbigniew Cybulski, acteur fétiche de Wajda et Wojciech Has
Zbigniew Cybulski suit des cours d’art dramatique en parallèle de ses études de commerce. Il crée une troupe universitaire après avoir joué dans plusieurs spectacles. Le théâtre est l’une de ses passions tout au long de sa courte carrière, et il joue notamment Huis clos et Les séquestrés d’Altona de Jean-Paul Sartre. Il débute au cinéma en 1955 avec Une fille a parlé d’Andrzej Wajda, et retrouve le cinéaste en interprétant l’étudiant nationaliste dans Cendres et diamant, en 1958. Le film est à l’origine du mythe Cybulski qui devient une authentique star en Pologne.
Avec sa belle gueule, ses lunettes fumées et son jeu dramatique moderne, il devient l’incarnation d’un nouvel idéal de jeunesse, à l’instar de l’image véhiculée par Marlon Brando ou James Dean aux États-Unis. Ce vedettariat a été d’autant plus étonnant que les pays de l’Est encourageaient peu l’engouement pour les stars, de surcroît avec référence occidentale.
La carrière trop brève du « James Dean polonais »
Le jeune acteur confirme son impact avec Train de nuit (1959) de Jerzy Kawalerowicz, La croix de guerre (1959) Kazimierz Kutz, Les innocents charmeurs (1960) d’Andrzej Wajda et L’or de mes rêves (1962) de Wojciech Has. Le cinéma français le réclame un temps et le voici dans le double rôle d’un dictateur et de son assassin dans La poupée (1961) de Jacques Baratier, avant d’interpréter un jeune amoureux pendant la Seconde guerre mondiale dans le segment polonais de L’amour à vingt ans, réalisé la même année par Wajda.
Zbigniew Cybulski s’essaie ensuite à la comédie avec Giuseppe à Varsovie (1964), de Stanislas Lenartowicz, avant de collaborer à nouveau avec Wojciech Has pour Le manuscrit trouvé à Saragosse (1965), dans le rôle du capitaine Alfonse van Worden. Il tourne ensuite quelques autres films dont Salto (1965) de Tadeusz Konwicki et Les chiffres (1966), à nouveau sous la direction de Wojciech Has. Zbigniew Cybulski, surnommé « le James Dean polonais », trouve la mort à l’âge de 40 ans dans un accident de voiture, alors qu’il est en pleine gloire.