Sue Lyon restera pour les cinéphiles comme l’actrice d’un seul film… mais quel film ! le désormais classique et culte Lolita (1962) de Stanley Kubrick.
Adapté du sulfureux roman de Vladimir Nabokov, le récit relatait la relation charnelle entre un professeur d’université et la fille de sa logeuse, une adolescente de quatorze ans séductrice et fatale. Un scénario audacieux pour l’époque… et impensable de nos jours, traité avec finesse et maestria par un Kubrick qui fit d’une commande une œuvre à la construction audacieuse et d’une rare élégance formelle.
Âgée de quinze ans au moment du tournage, Sue Lyon dans ce personnage d’adolescente perverse aux faux airs de poupée candide et aux grands yeux clairs témoignait d’une réelle complicité avec la caméra et d’un talent certain de comédienne, récompensé par le Golden Globe de la révélation féminine.
Sa prestation était d’autant plus méritante que ses partenaires s’avéraient expérimentés et excellents dans leurs rôles et auraient pu lui faire de l’ombre : James Mason en quadragénaire victime du démon de midi, Shelley Winters en pathétique mégère, et Peter Sellers, à la fois drôle et inquiétant dans la peau d’un écrivain manipulateur.
Après ce début éblouissant dans le milieu du cinéma, Sue Lyon peina à poursuivre une carrière. Elle eut pourtant deux autres très bons films à son actif. Dans La Nuit de l’iguane (1964) de John Huston, d’après Tennessee Williams, elle incarnait un personnage assez proche de celui de Lolita. Mais elle se montra beaucoup plus prude dans Frontière chinoise (1966), dernier long métrage de John Ford, d’une beauté crépusculaire.
Elle tourna une dizaine d’autres métrages dont le polar Tony Rome est dangereux (1967) de Gordon Douglas. Après une série de médiocres productions où elle n’avait que des rôles secondaires, Sue Lyon, mit un terme à sa carrière en 1980. L’ancienne actrice qui souffrait de problèmes de santé depuis de nombreuses années est décédée à l’âge de 73 ans.
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