Sandy Dennis est une comédienne américaine à la carrière flamboyante sur les planches, qui a également connu de beaux rôles au cinéma pendant trente ans. Elle a tourné pour Elia Kazan, Mike Nichols, Robert Mulligan, Mark Rydell et Robert Altman, avant de disparaître prématurément à 54 ans, en 1991.
Sandy Dennis grandit dans une famille modeste du Nebraska. Pour devenir actrice, elle s’installe à New York et intègre l’HB Studio à l’âge de 19 ans. Parallèlement, elle fait ses premiers pas à la télévision en 1956 dans un soap opera.
Au cinéma, elle débute dans le classique d’Elia Kazan, La Fièvre dans le sang, dans lequel elle tient un rôle secondaire. Kazan l’avait d’ailleurs dirigée sur les planches en 1957 dans The Dark at the Top of the Stairs, de William Inge. Véritable vedette du théâtre, elle joue avec les plus grands comédiens et reçoit un premier Tony Award pour la pièce A Thousand Clowns d’Herb Gardner.
Parallèlement au théâtre et à la télévision, elle poursuit la conquête du grand écran dans des films exigeants. C’est chez Mike Nichols, dans Qui a peur de Virginia Woolf ?, qu’elle se fait connaître du grand public. Pour sa prestation exceptionnelle, elle remporte l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle. Elle se démarque en 1968 dans le drame lesbien Le Renard de Mark Rydell. Cette production canadienne subversive remporte également un beau succès.
Elle remplace Audrey Hepburn pour tenir le premier rôle du mélodrame L’Amant de novembre (Sweet November), de Robert Ellis Miller, en 1968, qui sera remaké en 2001 avec Keanu Reeves et Charlize Theron en tête d’affiche. Si elle joue chez Robert Altman dans Cette froide journée dans le parc, le public la préfère dans Aventures à New York (The Out-of-Towners), d’Arthur Hiller, comédie à succès qui lui vaut une nomination aux Golden Globes. Un remake avec Steve Martin et Goldie Hawn sera également produit trente ans plus tard.
Dans les années 1970, le cinéma semble moins intéressant à ses yeux. Sandy Dennis privilégie la télévision — elle est l’héroïne du deuxième téléfilm de Steven Spielberg, Something Evil, en 1972 — et Broadway, où son jeu est particulièrement intense. C’est donc sans surprise que Robert Altman pense à elle pour interpréter le rôle halluciné de Mona dans la pièce Come Back to the Five and Dime, Jimmy Dean, Jimmy Dean, qu’il adapte au cinéma peu après, en 1982. Le film sort discrètement en France en 1983 sous le titre Reviens, Jimmy Dean, reviens. Elle tourne ensuite dans deux autres beaux longs métrages : Une autre femme (1988), de Woody Allen, puis The Indian Runner (1991), de Sean Penn.
Personnalité forte qui n’avait jamais peur d’endosser des rôles périlleux, Sandy Dennis s’est présentée pendant des années comme l’épouse de l’acteur-compositeur Gerry Mulligan. Dans les années 1980, elle entretient également une longue histoire d’amour avec le jeune acteur Eric Roberts, de 19 ans son cadet. Ce dernier confirmera sa relation difficile avec les enfants, qu’elle refusait d’avoir, ainsi que sa bisexualité, longtemps suggérée, voire révélée, par un magazine à scandale en 1968.
Peu de temps après la sortie de The Indian Runner, Sandy Dennis la formidable qui avait encore tant à montrer à l’écran décède d’un cancer des ovaires. Elle n’avait que 54 ans.

Affiche © Kilowatt.