Acteur, réalisateur, scénariste, dramaturge, metteur en scène et directeur de théâtre, Roger Planchon découvre très jeune le cinéma qui le passionne. Alors qu’il semble destiné à une autre carrière, il hante les caves lyonnaises où on lit des poésies durant sa jeunesse. Il commence par devenir récitant et suit parallèlement des cours d’art dramatique. Avec quelques amis, il monte ses premiers spectacles à la fin des années 40 et au début des années 50. En 1952, Roger Planchon crée le Théâtre de la Comédie de Lyon. A partir de 1957, il s’occupe du Théâtre de la Cité situé à Villeurbanne. En 1962, il crée une mise en scène novatrice du Tartuffe de Molière qui demeure une référence dans le monde du théâtre. Au début des années 70, le Théâtre de la Cité reçoit du ministère l’appellation de Théâtre national populaire et Roger Planchon en prend la direction.
Cela ne l’empêche pas de jouer quelques rôles secondaires au cinéma qui fait enfin appel à lui. On le voit notamment dans George qui ? (Rosier, 1973), Les routes du sud (Losey, 1978), Le dossier 51 (Deville, 1978) et il incarne Colbert dans le Molière (1978) d’Ariane Mnouchkine. Roger Planchon est ensuite à l’affiche de plusieurs films importants du début des années 80 comme I comme Icare (Verneuil, 1979), Le retour de Martin Guerre (Vigne, 1982), Le grand frère (Girod, 1982), Légitime violence (Leroy, 1982) et surtout Danton (Wajda, 1983) où il incarne Fouquier-Tinville. On le retrouve encore dans La 7ème cible (Pinoteau, 1984), Camille Claudel (Nuytten, 1988), Radio Corbeau (Boisset, 1989), Jean Galmot, aventurier (Maline, 1990) et L’année de l’éveil (Corbiau, 1991).
Mais Roger Planchon passe également derrière la caméra à l’occasion de quelques films en costume, genre qu’il chérit. On lui doit notamment une adaptation de Molière avec Claude Brasseur : Dandin (1987) est un cuisant échec commercial. Il revient en 1993 avec la grosse production Louis, enfant roi qui, malgré des qualités historiques certaines, ne déplace pas les foules (536 394 entrées pour un budget élevé). Pas de quoi le décourager et Roger Planchon revient avec le biopic Lautrec (1998) qui nage dans les mêmes eaux (528 994 entrées).
Roger Planchon a continué à mettre en scène et interpréter des pièces de théâtre durant les années 2000, tout en fondant un studio de cinéma dans la région Rhône-Alpes. Il fut ainsi un des champions de la décentralisation culturelle.
Roger Planchon décède en 2009 à l’âge de 77 ans.