Réalisateur sud-coréen, Lee Doo-yong est méconnu du public occidental. Sa carrière est évoquée dans plusieurs chapitres de l’excellent ouvrage “Hallyuwood, le cinéma coréen” de Bastian Meiresonne (epa éditions, 2023).
Un spécialiste des films d’arts martiaux…
Lee Doo-yong débute en 1970 avec The Lost Wedding Veil, mélodrame à succès. Après le triomphe de Bruce Lee, le tigre de Mandchourie (1974), transposé dans un décor de western, il signe la même année quatre autres films d’arts martiaux, dont Bruce Lee crie vengeance.
Notons que la star Bruce Lee, décédée en 1973, n’apparaît pas dans ces productions et n’est guère mentionnée dans les titres originaux. Après cela, Lee Doo-yong préfère explorer d’autres genres dont le polar (New York 44 beonga, 1977).
… Et de bien d’autres genres
Il signe deux grands drames historiques et érotiques : Chaumière de mort (1981) est présenté au Festival des Trois Continents de Nantes et primé à Venise ; Le Rouet, l’histoire cruelle des femmes (1984) est sélectionné au Festival de Chicago et dans la section cannoise Un Certain Regard. Il est ainsi le premier réalisateur coréen invité au Festival de Cannes.
Après les sombres Le mûrier (1986) et Le chemin qui mène à Ch’ongsong (1990), le réalisateur aborde aussi la comédie, avec Marriage-Amateur (coréalisé par Kim Do-gyeong, 1994).
En 2003, il réalise Arirang, remake éponyme d’un classique de Na Un-gyu (1926), et en fait un long métrage expérimental, sorti simultanément en Corée du Sud et en Corée du Nord (fait unique dans l’histoire du cinéma).
Récompensé pour l’ensemble de sa carrière au Festival de Vesoul en 2005, le cinéaste se retire six ans plus tard. Lee Doo-yong est décédé le 19 janvier 2024 à l’âge de 81 ans.