Directeur de la photographie, réalisateur, acteur et scénariste britannique, Jack Cardiff est un fils d’acteur qui a débuté au grand écran dès l’âge de 4 ans. Il a ainsi tourné dans plusieurs films muets jusqu’à l’âge de 13 ans.
Jack Cardiff, un grand directeur de la photographie
Par la suite, il s’est plutôt intéressé à la photographie et il devient rapidement un brillant directeur photo au sein du cinéma documentaire britannique. Jack Cardiff s’intéresse très tôt à la photographie couleur et il développe celles de films comme La baie du destin (Schuster, 1937), puis des Quatre plumes blanches (Korda, 1939). Son talent visuel lui permet de sublimer les œuvres de Michael Powell et Emeric Pressburger comme Une question de vie ou de mort (1946), Le narcisse noir (1947) et Les chaussons rouges (1948), trois chefs d’œuvre du cinéma britannique d’après-guerre.
Ensuite, il collabore avec Alfred Hitchcock sur Les amants du Capricorne (1949), avec Albert Lewin sur Pandora (1951) et avec John Huston sur African Queen (1951). Il a encore enchanté nos mirettes avec ses éclairages pour La comtesse aux pieds nus (Mankiewicz, 1954), Les Vikings (Fleischer, 1958).
Un réalisateur inégalement inspiré
Toutefois, à partir de 1958, Jack Cardiff passe à la vitesse supérieure et devient réalisateur à part entière. Il entame cette carrière inégale avec le thriller Tueurs à gages (1958). Par contre, il sera vraiment inspiré avec son quatrième film intitulé Amants et fils (1960) qui obtient plusieurs nominations à l’Oscar et même un prix pour la photographie noir et blanc de Freddie Francis.
Il enchaîne avec la comédie Ma geisha (1962) qui oppose Shirley MacLaine à Yves Montand, puis adapte Joseph Kessel pour Le lion (1962). En 1964, il signe Les Drakkars (1964) qui rappelle fortement Les Vikings, en nettement moins réussi. En 1965, il est appelé à la rescousse pour finir Le jeune Cassidy débuté par John Ford, puis il se fait remarquer avec un film de guerre particulièrement gratiné côté violence : Le dernier train du Katanga (1968). La même année, il rate La motocyclette (1968) avec Alain Delon et son étoile commence à pâlir. Il termine sa carrière de réalisateur avec le film d’horreur de commande Mutations (1974) qui est pourtant sympathique. Le métrage est un tel échec que Jack Cardiff choisit de redevenir un simple directeur de la photographie.
Retour à la case photographie
Il éclaire à nouveau des films comme Mort sur le Nil (Guillermin, 1978), Les chiens de guerre (Irvin, 1980), Le fantôme de Milburn (Irvin, 1981). Puis, il retrouve le vétéran Richard Fleischer sur Conan le destructeur (1984), puis éclaire Cat’s Eye (Teague, 1985) et Rambo II : la mission (Cosmatos, 1985). Par la suite, il ne signe plus que la photographie de quelques courts-métrages.
Jack Cardiff décède en 2009 à l’âge de 94 ans.