Gérard Lebovici

Producteur, Distributeur, Editeur, Agent Artistique
L'affiche de L'as des as

Personal Info

  • Nationalité : Français
  • Date de naissance : 25 août 1932, à Paris (France)
  • Date de décès : 5 mars 1984, à Paris (France)

Biographie

Note des spectateurs :

Gérard Lebovici est un ancien agent artistique et éditeur de la revue corporatiste le Film Français entre 1974 et 1977. Il est aussi le fondateur de la société de distribution AAA Films et de la maison de production Soprofilms (L’as des as, L’amour en fuite, La vie est un roman, Vivement dimanche, Les compères…) à partir de 1981.

Pour cela, il doit abandonner ses fonctions d’agent, estimées incompatibles avec ses nouvelles casquettes, selon La Chambre Syndicale des Producteurs. Et quelle agence artistique ! Il était le créateur d’Artmedia, la plus puissante du cinéma français et d’Europe, qui modernisera le métier d’imprésario, et dont il devra laisser la présidence à Jean-Louis Livi en 1982. Avec Artmedia, Gérard Lebovici devint l’homme le plus puissant du cinéma français

Gérard Lebovici, Le dernier nabab

D’origine roumaine, Gérard Lebovici connaît une ascension fulgurante dans le milieu du cinéma. Il trouve des petits rôles comme acteur, travail comme représentant, et devient imprésario pour Philippe de Broca, Françoise Dorléac ou Jean-Pierre Cassel.

A partir de 1965, sa poigne est sans pareil dans le milieu des agents artistiques, avec le rachat de la société André Bernheim, puis la société Ciné-Mura. Il crée alors au début des années 70 Artmedia, la plus puissante des agences européennes qui l’érige en nabab du cinéma français.

Homme à femmes, à stars et à gangsters

Proche des plus grands acteurs (Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo, Pierre Richard, Yves Montand, Catherine Deneuve…), des plus éminents cinéastes (François Truffaut, Eric Rohmer, Alain Resnais, Philippe Labro, Costa-Gavras), il est le producteur le plus puissant, mais pas que.

Editeur parallèlement depuis 1968, il avait créé les Editions Champs Libre qui publieront Orwell, Ballard, K. Dick, et même l’autobiographie de Mesrine, L’instinct de mort dont il récupéra les droits. Il vouait une fascination pour le grand banditisme et Mesrine en particulier, à une époque où le cinéma français servait aussi au blanchiment d’argent. Il prend d’ailleurs sous son aile Sabrina Mesrine, à la mort du célèbre gangster.

Gérard Lebovici, assassiné le 5 mars 1984

Homme à femmes, amateur de call-girls et de poker auquel il pouvait consacrer ses nuits, le producteur taiseux était secret aux yeux et aux oreilles de tous. Il affectionnait de mener des vies plurielles, celui du glamour français des années 70, de l’édition, de la pègre opaque, de la politique, avec les groupuscules d’extrême gauche radicale, et de maîtresses qu’ils protégeaient. Le grand public ignorait l’existence de cet homme des coulisses ; il était craint et admiré par tout le milieu du cinéma.

Le 5 mars 1984, Gérard Lebovici, père de famille de deux enfants, est assassiné, de plusieurs balles dans la nuque, dans le sous-sol du parking Foch. Le crime crapuleux est un mystère total. Les pistes abondent. Un différend avec René Chateau pour une compétition acharnée sur le marché des master vidéo, des règlements de comptes mafieux, une vengeance amoureuse… L’écrivain cinéaste et ami Guy Debord pour lequel il avait acheté un cinéma, le Studio Cujas à Paris, afin de diffuser ses œuvres, est même inquiété… Les soupçons tombent à l’eau.

Parmi les pistes privilégiées, certains avancent la culpabilité du père de Véronique Troy, un espion russe, du nom de Dimitri. Il tenait responsable Lebovici de la fin de sa fille. La jeune femme connaît en effet un destin tragique qui inspira la Nikita de Luc Besson. Espionne, jet-setteuse, braqueuse, ancienne femme de l’acteur Gérard Klein, elle est assassinée au Yémen en 1977. Elle était aussi la maîtresse de Lebovici.

Quarante ans après sa mort, Gérard Lebovici demeure une énigme qui a inspiré bien des enquêtes. Le cinéma ne s’est pas encore emparé de sa vie pour le biopic qu’il mérite. Son histoire est l’une des plus fascinantes du 7e art français.

Frédéric Mignard 

Ils nous ont quittés en 1984 

L'affiche de L'as des as

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