Damia

Actrice, Chanteuse
Affiche de Sola de Henri Diamant-Berger

Personal Info

  • Nationalité : Français
  • Date de naissance : 5 décembre 1889 à Paris (France)
  • Date de décès : 30 janvier 1978 à La Celle-Saint-Cloud (France)
  • Crédit visuel : © 1931 Elka-Prodisco Tous droits réservés.

Biographie

Note des spectateurs :

Née Marie-Louise Damiens, Damia est la chanteuse française la plus célèbre de l’entre-deux-guerres. Elle est l’interprète d’un répertoire réaliste (Les goélands, La veuve, Sombre dimanche), qui fait de cette « tragédienne de la chanson » une vedette populaire tout autant qu’une star du music-hall et l’égérie du Tout-Paris de la Belle Époque et des Années Folles. Du début des années 1920 à l’Occupation, elle se produit sur les plus grandes scènes et impose un style scénique (vêtements noirs, bras en croix) qui influencera Édith Piaf, Juliette Gréco ou Barbara.

Elle attache aussi de l’importance aux éclairages et aux jeux de lumière, marquée par les chorégraphies de Loïe Fuller. Les disques qu’elle enregistre à partir de 1927 figurent en outre parmi les plus grands succès de son temps. Damia se fait par ailleurs remarquer par un mode de vie libre et indépendant, côtoyant des cercles littéraires et lesbiens.

Une diva de la chanson chez Gance, Duvivier et Guitry

Le cinéma muet s’intéresse à la diva et Damia apparaît dans Le lys de la vie (1920) de Loïe Fuller et Napoléon (1927) d’Abel Gance.

Avec le parlant, elle obtient un rôle en vedette avec le mélodrame Sola (1931) de Henri Diamant-Berger. Mais l’expérience est sans lendemain et c’est en retrait qu’elle participe à quelques autres films, dame lasse dans La tête d’un homme (1933) de Julien Duvivier, ou femme du peuple dans Les perles de la couronne (1937) de Sacha Guitry.

Damia, de la gloire à l’oubli puis la redécouverte

Dans les années 40, Damia se fait voler son sceptre de star de la chanson réaliste par Édith Piaf. Elle continue tout de même sa carrière, accueillie triomphalement au Japon en 1953, et réussissant encore à se produire à l’Olympia. Et on la retrouve en guest star dans Notre-Dame de Paris (1956) de Jean Delannoy. Mais elle est désormais considérée comme l’artiste d’une autre époque, que la vague yé-yé balaye définitivement, malgré le Grand Prix de la chanson que l’Académie Charles Cros lui décerne en 1964.

Damia est décédée le 30 janvier 1978 à l’âge de 88 ans, dans un relatif oubli. Mais ses chansons sont utilisées par plusieurs cinéastes, de Jean Eustache dans La maman et la putain (1973) à Aki Kaurismäki dans La vie de Bohème (1992) et Le Havre (2011). Et de nouvelles générations de chanteurs revendiquent l’influence de son style.

Gérard Crespo

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