Bernard Chardère est une figure importante de la cinéphilie française et de la vie culturelle lyonnaise. Avec des amis de lycée, il fonde en 1952 la revue Positif qui demeure, avec Les Cahiers du Cinéma, la référence de la presse spécialisée dans le septième art.
Positif défend dès sa création le surréalisme et des auteurs comme Luis Buñuel et Jean Vigo, prône un cinéma ouvertement politique, et prendra ses distances avec la doxa de la politique des auteurs des futurs réalisateurs de la Nouvelle Vague. Fidèle à Lyon, Bernard Chardère y est également éditeur, producteur de courts-métrages, journaliste, animateur de ciné-club et critique.
En 1982, le ministère de la Culture, la Région Rhône-Alpes et le Département du Rhône lui demandent, ainsi qu’à Bertrand Tavernier, d’ouvrir l’Institut Lumière, sur le lieu-même de l’invention du cinéma. Jusqu’en 1990, Bernard Chardère en est le premier président, aux côtés de son épouse et collaboratrice, Alice Yotnahparian-Chardère (1931-2016).
Ce fin spécialiste et passeur est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont Jacques Prévert l’insoumis, catalogue d’exposition, Pontarlier, 1997 ; et Les Dialogues culte du cinéma français, Larousse, 1999. On lui doit également quelques courts métrages dont Autrefois les canuts (1959) et Comme un des Beaux-Arts (1961).
Bernard Chardère est décédé le 25 août 2023 à l’âge de 92 ans.