Réalisatrice hongroise, Judit Elek a été formée à l’université d’art dramatique et cinématographique de Budapest. Elle est considérée comme une pionnière du cinéma direct à partir de son court métrage documentaire Rencontre (1963) qui connaît un bon accueil critique. La cinéaste aborde aussi la fiction à partir de La dame de Constantinople (1969), récit d’une vieille femme esseulée.
Parmi ses autres longs métrages, on peut citer Peut-être demain (1980), romance austère ; et La fête de Maria (Un Certain Regard 1984), chronique de compromis familiaux. En 1996, son documentaire Dire l’indicible : La quête d’Elie Wiesel, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs, aborde avec force le thème de la Shoah.
À l’occasion d’un hommage rendu par le Festival Dei Populi en 2024, elle avait déclaré : «[…] Je suis devenue cinéaste pour être en mesure de rapporter ce que je vois autour de moi, ce dont j’ai fait l’expérience, ce dont les vieilles personnes dans ce petit pays ont fait l’expérience, où il semble toujours y avoir un pouvoir différent de celui que les gens souhaiteraient – idéalement, juste et bon. Et moi, tel un Don Quichotte féminin, qui se tient debout et mène une bataille perdue d’avance, je ne renonce pas et espère mourir ainsi.»
En juillet 2025, Dulac Cinémas propose au public français de découvrir trois de ses films. Judit Elek est décédée le 1er octobre de la même année, à l’âge de 87 ans.