Barry Prima est l’une des stars du cinéma de genre indonésien des années 80. Il s’est distingué dans d’innombrables films d’action et nanars à la couleur locale.
D’une mère indonésienne et d’un père néerlandais, Bertus Knoch devient au cinéma Barry Prima, où il va faire montre de charisme et de son talent en arts martiaux.
On le découvre dans Les primitifs, plus connu sous son titre secondaire L’île de l’enfer cannibale, un pur produit d’exploitation dans la vague des films pour amateurs de chair fraîche réalisés entre la fin des années 70 et le début des années 80.
Dans Le guerrier (The Warrior), distribué en salle en France, dans les cinémas de quartier, il trouve le premier rôle d’une adaptation d’une bande dessinée. Deux suites en seront tirées et sortiront dans des temples du kung-fu parisiens, Le guerrier des ténèbres (1984) et Le défi du guerrier (1986).
Il tourne avec le réalisateur Danu Umbara dans la suite des Cinq anges de la mort, Les anges de la mort reviennent à l’attaque et dans Le feu de la vengeance, tous deux distribués dans une poignée d’écrans en 1983.
Entre 1981 et 1987, onze de ses films sortiront dans des salles ad hoc qui fermeront à la fin des années 80, suite à la crise du cinéma. Cette fermeture mit un terme à l’importation du cinéma de genre asiatique qui avait alimenté les cinémas de quartier dans les années 60 et 70.
Il figure avec son épouse de l’époque, l’actrice Eva Arnaz, dans Poings d’acier contre mains de fer qui sort également en 1983. On le retrouve dans un patchwork surréaliste Koral le justicier, cette année-là, que l’on connaît également sous le titre du Justicier contre la reine des Amazones (ou …contre la Reine des crocodiles).

© 1981 Parkit Films, Rex International
Ses films sont de véritables succès en VHS. René Chateau les exploite sous son label bis Punch Vidéo, dont les jaquettes ont marqué la cinéphilie des enfants de l’époque : Le guerrier des ténèbres, Le défi du guerrier, Le justicier contre la reine des crocodiles, Commando du diable. Ce dernier, pur film d’action dans le style de Rambo, sera son dernier à paraître sur les écrans des cinémas de quartier.
Cet hyperactif de la caméra, pur produit de son époque, arrête le cinéma en 1996, après 14 films en six ans. Jadis prolifique, l’industrie cinématographique indonésienne n’est plus que l’ombre d’elle-même.
Le revival du cinéma asiatique propulsé par l’avènement d’internet, relancera néanmoins l’intérêt autour de son œuvre, avec de nombreux DVD assez bon marché, aux copies assez mauvaises, y compris en France où il est l’une des icones du site Nanarland. De ce fait, il repart sur une carrière de seconds rôles et de caméo dès 2005, démontrant ainsi le poids du cinéma des années 80 dans l’iconographie du cinéma contemporain.

© 1981 Rapi Films