Acteur américain, George Raft a grandi dans les rues de Hell’s Kitchen. Il exerce plusieurs métiers dont boxeur, danseur mondain et même membre de la pègre, selon ses propres dires. Pourtant, il choisit de s’installer à Hollywood pour entamer une carrière de comédien vers 1929. Sa carrière prend donc son essor au moment du passage au parlant. Si son physique plutôt avenant le prédisposait a priori à jouer les séducteurs, George Raft s’est finalement spécialisé dans les emplois de dur à cuire après son rôle majeur dans Scarface (Hawks, 1932). Il y joue un acolyte de Paul Muni et se fait remarquer par un jeu inspiré, notamment avec une pièce de monnaie qu’il ne cesse de manipuler.
Cette prestation lui ouvre le champ à d’autres œuvres comme Nuit après nuit (Mayo, 1932), Les faubourgs de New York (Walsh, 1933), Bolero (Ruggles, 1934), La clé de verre (Tuttle, 1935). Petit à petit, il vient à se parodier lui-même, échouant à sortir des emplois qui ont fait sa gloire. On peut citer encore Une femme dangereuse (Walsh, 1940), puis il tourne de nombreux films sans intérêt avec le réalisateur Edwin L. Marin au cours des années 40.
Dans les années 50, son style apparaît démodé et il commence à avoir des ennuis d’argent, notamment avec le fisc. Afin de payer ses dettes, il accepte des rôles n’importe où, y compris en Europe.
On retrouve ainsi George Raft dans Le tour du monde en 80 jours (Anderson, 1956), Certains l’aiment chaud (Wilder, 1959), Le tombeur de ces dames (Lewis, 1961), Jerry souffre-douleur (Lewis, 1964), Du rififi à Paname (La Patellière, 1966), Casino Royale (collectif, 1967) et Sextette (Hughes, 1977).
Finalement, George Raft décède en 1980 des suites d’une leucémie à l’âge de 79 ans.