Maria Casarès

Actrice
Affiche de Les Dames du bois de Boulogne de Robert Bresson

Personal Info

  • Nationalité : Française (d'origine espagnole)
  • Date de naissance : 21 novembre 1922 à La Corogne (Espagne)
  • Date de décès : 22 novembre 1996 à Alloué (France)
  • Crédit visuel : © 1945 Les Films Raoul Ploquin. Tous droits réservés.

Biographie

Note des spectateurs :

Maria Casarès est avant tout l’un des plus grands noms du théâtre français. Carné, Bresson et Cocteau ont aussi mis en avant une grande actrice de cinéma.

Une grande dame du théâtre et du cinéma européen

Actrice espagnole naturalisée française, Maria Casarès est une grande dame du théâtre et du cinéma européen. Elle est la fille du Premier ministre de la Seconde République espagnole, contraint de fuir l’Espagne lors de l’éclatement de la guerre civile. Elle se retrouve donc à Paris durant son adolescence. Maria Casarès apprend le français et cherche à intégrer le Conservatoire national de musique et d’art dramatique, ce qu’elle parvient à faire après un essai infructueux. Elle débute sur scène en 1942 et ne la quittera plus jusqu’à sa disparition. Ainsi, elle devient une grande tragédienne. Au passage, elle rencontre Albert Camus avec qui elle entretient une passion amoureuse farouche. Maria Casarès a également intégré la Résistance.

Au sortir de la guerre, on la voit dans ses premiers rôles à l’écran. Elle illumine les chefs-d’œuvre Les enfants du paradis (Carné, 1945) et Les dames du bois de Boulogne (Bresson, 1945), où elle est formidable en jeune femme se livrant à une vengeance amoureuse. L’actrice qui a mal vécu le tournage avec Robert Bresson livre pourtant l’une des interprétations majeures du cinéma français, et du cinéma tout court.

Une actrice rare mais magnifique

Si on la retrouve dans le diptyque consacré par André Cayatte à Roger la honte (1946), on se souvient surtout de sa prestation dans La Chartreuse de Parme (Christian-Jaque, 1948) où elle est formidable en duchesse Sanseverina. Sa beauté ténébreuse imprègne encore Orphée (Cocteau, 1950) où elle personnifie la Mort. Elle retrouve le même emploi dans Le testament d’Orphée (Cocteau, 1960).

Le théâtre ayant sa priorité (elle est notamment l’une des égéries du TNP), elle tourne peu pour le cinéma, ce qui est fort dommage. Parmi ses apparitions, toujours exceptionnelles, on peut citer Ombre et lumière (Calef, 1951), Flavia la défroquée (Mingozzi, 1974), L’adieu nu (Meunier, 1977), Blanche et Marie (Renard, 1985), De sable et de sang (Labrune, 1988), La lectrice (Deville, 1988) et L’Amérique des autres (Paskaljevic, 1995).

Maria Casarès est lauréate de plusieurs récompenses dont le Molière de la comédienne pour Hécube (1989). Elle décède des suites d’un cancer en 1996. Elle avait 74 ans.

Virgile Dumez

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