Ténèbres : la critique du film (1983)

Giallo, Thriller, Film d'épouvante | 1h41min
Note de la rédaction :
6/10
6
Affiche de Ténèbres, giallo de Dario Argento

  • Réalisateur : Dario Argento
  • Acteurs : Giuliano Gemma, Anthony Franciosa, Daria Nicolodi, John Saxon, John Steiner, Mirella D’Angelo
  • Date de sortie: 27 Avr 1983
  • Nationalité : Italien
  • Titre original : Tenebrae
  • Editeur vidéo : Wild Side Vidéo (DVD, Blu-ray)
  • Date de sortie vidéo :
  • Box-office France / Paris-périphérie : 172 230 entrées France / 43 024 entrées
  • Classification : Interdit aux moins de 16 ans
  • Festival : Sélection officielle Avoriaz 1983 (Hors Compétition)
  • Distributeur : Ginis Films / PM Productions (1983) - Les Films du Camélia (2019)
  • Date de reprise : 3 juillet 2019
Note des spectateurs :
[Total : 0   Moyenne : 0/5]

Ténèbres est un giallo carré, fait de lignes de fuite et de décors aux figures géométriques splendides, qui applique à la règle l’art de mourir du cinéaste, sans passionner dans ses scènes d’enquêtes policières, un peu plus ternes.

Synopsis : Un écrivain populaire américain, Peter Neal, spécialisé dans la série noire, se rend à Rome pour faire la promotion de son dernier best-seller: « Ténèbres ». Dès son arrivée, plusieurs personnes sont assassinées selon un schéma comparable à celui des meurtres qui jalonnent son roman. Pire, le meurtrier enfonce une page de « Ténèbres » dans la bouche de chaque victime.<br> L’enquête progresse, mais le présumé coupable ne tarde pas à périr lui aussi…

Dario Argento, l'affiche de la reprise 2019

© 2019 Les Films du Camélia. Tous droits réservés.

Ténèbres, le retour d’Argento au giallo

Critique : Après une parenthèse fantastique brillante (les deux premiers volets des Trois Mères, Suspiria et Inferno), Argento revient à ses premières amours, le thriller transalpin, aka le giallo avec Ténèbres. Toujours soucieux d’épater la rétine, le cinéaste offre une réalisation sophistiquée, à base de travellings grandioses, de steadycam glorieuse et vole ainsi la vedette à la plupart des productions de son époque, y compris américaines. Filmant le détail (des comprimés blancs sur une table noire et le verre d’eau qui les accompagne) avec une certaine gratuité artistique, sa caméra s’anime en toute vitalité, devenant œil indépendant et/ou subjectif. Tour à tour celui du tueur, du témoin spectateur ou d’un narrateur omniscient, l’objectif va même jusqu’à balayer la façade et la toiture d’une maison high-tech, passant d’une fenêtre où se trouve une future première victime vers une seconde fenêtre, plus haute logée, où se tient la deuxième victime. Le procédé technique, aérien et profondément anxiogène (la manière de frôler les murs) est tout simplement ahurissant !

Argento passe à côté d’un très grand film

Dans un décor essentiellement composé de lignes de fuite, de figures carrées et géométriques, d’un modernisme urbain encore très actuel (le monde de Tron et d’Apple ne sont pas très loin), Ténèbres s’impose comme un remarquable artefact où les crimes d’une intrigue policière somme toute banale, illustrent l’art de tuer du cinéaste poussé à son paroxysme. Avec une retenue ascétique pour la plupart d’entre eux (à la fin, cela finit quand même à la hache !), chaque coup tranchant est porté avec finesse et élégance dans un environnement blanc épuré. Il s’agit ici de mettre en oeuvre une esthétique de la mort, qui sied parfaitement avec la thématique du thriller : le héros est un écrivain spécialisé dans le polar morbide, machiste et calculateur. C’est tout le processus de création du romancier dans son exercice littéraire qui est mis en parallèle au travers de ces crimes et du récit, plus globalement.

Photo du giallo Ténèbres de Dario Argento

Copyrights 1982 Sygma Cinematographica. Tous droits réservés

Souvent jubilatoire, excessivement beau, Ténèbres joue glorieusement de ses perversions, insufflant systématiquement le soufre de l’homosexualité à une époque moins ouverte qu’aujourd’hui, et s’avère plus adulte que l’oeuvre suivante de son cinéaste, Phenomena et surtout plus animée que l’éloge aux couleurs vide de sens et d’action qu’était Inferno. Toutefois, on ne se satisfera pas totalement de ce giallo qui contient bien 20 minutes de moments insipides où Argento montre quelques signes de fatigue (la scène d’aéroport de Ténèbres, ce n’est pas celle de Suspiria!). L’enquête policière ennuie plus qu’elle excite notre curiosité. Ce ne sont que des petites choses au milieu de toute la truculence visuelle et sonore environnante (la musique des Goblin est brillante !), mais c’est ce qui fait que Ténèbres rate de peu la marche du sommet pour s’établir comme un chef d’oeuvre absolu.

Critique : Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 3 juillet 2019

Affiche de Ténèbres, giallo de Dario Argento

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Affiche de Ténèbres, giallo de Dario Argento

Bande-annonce de Ténèbres

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