Perversion Story : la critique du film (1970)

Policier | 1h50min
Note de la rédaction :
9/10
9
Affiche Perversion story Lucio Fulci

  • Réalisateur : Lucio Fulci
  • Acteurs : Alberto de Mendoza, Elsa Martinelli, Jean Sorel, Marisa Mell, John Ireland, Faith Domergue, Riccardo Cucciolla
  • Date de sortie: 21 Août 1970
  • Nationalité : Italien, Français, Espagnol
  • Titre original / Titre alternatif Una Sull'altra / La machination
  • Scénaristes : Lucio Fulci, Roberto Gianviti, José Luis Martínez Mollá
  • Distributeur : Alpha France
  • Distributeur (reprise 2019) : Les Films du Camélia (sortie : 17 juillet 2019)
  • Éditeur vidéo : Proserpine (VHS, sous le titre La Machination) - Le Chat qui Fume (DVD et Blu-ray)
  • Date de sortie vidéo :
  • Box-office France 347 889
  • Classification : Interdit aux moins de 18 ans ( à sa sortie) - Tous publics (révision reprise 2019)
Note des lecteurs

Perversion Story, aussi connu sous le titre La Machination, est un petit bijou de suspense policier et d’élégance formelle, trop souvent oublié dans la filmographie de Lucio Fulci.

Synopsis : À San Francisco, un médecin dont la femme est morte après une longue maladie remarque dans un cabaret une strip-teaseuse qui lui ressemble étrangement.

Une série B en trompe-l’œil

Présentée par les Films du Camélia, la rétrospective Lucio Fulci Poète du macabre met en avant un maître du cinéma de genre italien loin de la réputation déjà acquise de Dario Argento ou Mario Bava du point de vue canonique. Au vu des premières scènes de Perversion Story,  l’un des moins célèbres des quatre films de l’auteur, un doute peut s’emparer du spectateur sceptique : et si la montagne allait accoucher d’une souris ?

Le ton de série B internationale, le décor factice de San Francisco, une musique assourdissante de Riz Ortolani et des acteurs de différentes nationalités s’exprimant en anglais pourraient sembler révéler l’arnaque : au générique figurent en effet des comédiens estimables mais de second plan : le Français Jean Sorel, beau gosse mis en avant par Visconti et Buñuel, l’Autrichienne Marisa Mell, bombasse de cinéma de quartier, La jolie italienne Elsa Martinelli, le Canadien John Ireland, l’Argentin Alberto de Mendoza, ou l’ex-star américaine Faith Domergue, tout ce petit monde ayant pu être réuni dans un épisode de OSS 117 des sixties…

Perversion Story comporte une intrigue bluffante et des recherches stylistiques foisonnantes

Jean Sorel dans Perversion Story

Copyright LES FILMS DU CAMÉLIA

Un montage hésitant et une première scène érotique à la David Hamilton peuvent également faire peur, avant que l’évidence ne s’impose assez vite : Perversion story est un très grand film, petit bijou du cinéma policier et de la manipulation, dans lequel une intrigue à la Boileau-Narcejac est mêlée à des recherches stylistiques foisonnantes, dans la mouvance de la modernité pop de l’époque.

De par le thème du double féminin, on pense bien sûr à Vertigo de Hitchcock (également situé à San Francisco, et qui n’était pas encore culte) ou Obsession, que De Palma réalisera sept ans plus tard.

Une seconde vision de l’œuvre devrait permettre d’en apprécier toutes les trouvailles

Et l’univers de la photographie de mode et de charme, ainsi que le jeu des apparences qui y est lié, évoqueront Blow-Up d’Antonioni tout autant que Les Frissons de l’angoisse de Dario Argento. Mais le métrage de Fulci a sa propre singularité : un scénario policier au départ confus qui s’avèrera être une belle horlogerie d’écriture, faisant passer les invraisemblances les plus grossières, et surtout une mise en scène élégante qui culmine dans plusieurs passages saisissants : un gros plan furtif sur un cadavre en décomposition, une séance de photos suggérant le désir saphique, ou différents procédés (contre-plongées, zooms…) semant des indices au spectateur sans pour autant que le cinéaste ne tombe dans l’exercice de style gratuit et la vacuité.

Une seconde vision de l’œuvre devrait permettre d’en apprécier toutes les trouvailles, et c’est la force des grands films que de ne pas reposer seulement sur leur scénario, fût-il brillant et machiavélique.

Critique : Gérard Crespo

Perversion story, la machination en VHS chez Proserpine

Copyrights : Les Productions Jacques Roitfeld – Fida Cinematografica, Trébol Films C.C.
Illustrateur : Melki

Notes : Le film fut exploité en salle sous un second titre moins racoleur, La machination. C’est sur ce titre que l’on retrouvera en VHS le thriller de Lucio Fulci, sur un visuel évidemment mensonger de l’illustrateur vedette Melki, commandé par l’éditeur Proserpine. On redécouvrira la série B dans une édition combo DVD-blu-ray riche en bonus, en 2019-2020, chez le Chat qui fume.

Interdit aux moins de 18 ans à sa sortie, Perversion Story est désormais tous publics pour sa reprise 2019. (source : CNC)

Les sorties du mercredi 17 juillet 2019

Affiche rétrospective Lucio Fulci

Crédits : Les Films du Camélia


Affiche Perversion story Lucio Fulci

Copyrights : Alpha France – Les Productions Jacques Roitfeld – Fida Cinematografica, Trébol Films C.C.
Illustrateur : Coris & Roger Boumendil

Trailers & Vidéos

trailers
x
Affiche Perversion story Lucio Fulci

Bande-annonce rétrospective Lucio Fulci

Policier

x