Crédit photo : Warner Bros International Entertainment – DC

Universal l’avait prédit. Tous les studios suivent. En cette fin de mois de mars, la tendance est au déplacement impératif des blockbusters. Warner n’échappe pas à la règle avec la sortie repoussée de leur film le plus important de l’été 2020, Wonder Woman 1984.

Les cinémas étant fermés pour un temps indéterminé aux USA, au Royaume-Uni, en Inde, en Allemagne, en France, et dans la majorité des gros marchés de la planète, les studios, récalcitrants il y a un mois, sont contraints, devant le fait accompli, de reporter leurs sorties les plus importantes, celles qui ne peuvent pas se contenter de basculer dans la case du direct-to-video et streaming.

Aussi, malgré sa nouvelle plateforme de streaming, Disney n’a guère eu autre choix que de différer Mulan et Black Widow, prévus initialement en mars et avril. Universal avait lancé la tendance avec le James Bond et heurté la patience des fans de Fast & Furious en décalant le numéro 9 d’une année. Pis, Les Minions 2, pourtant prévus en juillet, a été poussé à une date ultérieure par ce même studio car la post-production parisienne était devenue impossible…

Wonder Woman 1984 repoussé en août

Dans ce contexte de chaos généralisé qui se joue à des sphères industrielles, à la fois pour les studios et les exploitants, une nouvelle major américaine a pris une décision lourde en conséquences. Warner Bros a finalement bougé de deux mois la sortie de son très attendu Wonder Woman 1984. Le film original avait lancé la mode des productions super-héroïques féministes et avait été largement suivi par les spectateurs du monde entier, contrairement aux autres productions DC qui ont eu tendance à décevoir. A l’issue de l’exploitation en salle, le blockbuster avait généré plus de 800M$ dans le monde. Pour Warner, la sortie en juin du sequel était stratégique, mais s’y tenir dans le contexte actuel était risquer de se heurter à la réalité d’un confinement étendu, d’une reprise trop lente du trafic dans les salles, surtout pour pareille production qui doit préparer sa communication en amont, dans des conditions de marketing optimales, ce que la crise du coronavirus ne laisse guère espérer.

Les Etats-Unis, actuellement l’un des pays les plus touchés dans le monde par la pandémie, et au taux de contamination exponentiel, devrait dans quelques jours devenir l’épicentre du virus. Le pays pourrait être frappé progressivement par la vague épidémique jusqu’au mois d’août, le temps que le virus pénètre dans les États du centre.

Désormais prévu au 14 août, période généralement calme dans les multiplexes américains, le film de Patty Jenkins attend toujours une date de sortie officielle pour la France.

Frédéric Mignard