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Lucia Bosè a irradié de sa beauté et son talent des films d’Antonioni, Buñuel, Fellini, Bolognini… Ancienne Miss Italie, mère du chanteur et acteur Miguel Bosè, elle est décédée du Covid-19.

Icône des cinéphiles

Lucia Bosè était l’un des visages les plus beaux du cinéma, quelque part entre Louise Brooks, Greta Garbo et Catherine Deneuve. Moins star que Loren ou Claudia Cardinale, elle eut une carrière à la Silvana Mangano, vénérée par les grands réalisateurs qui ont su utiliser son talent et son réel magnétisme. Miss Italie 1947, Lucia Bosè débuta en vedette dans Pâques sanglantes (1950) de Giuseppe De Santis, cinéaste du néoréalisme, auteur de Riz amer. Elle enchaîna la même année avec Chronique d’un amour, premier long métrage de fiction de Michelangelo Antonioni, qui la dirigea également dans La Dame sans camélia (1953).

De ces années de vedettariat qui en firent aussi une icône auprès des cinéphiles, il faut aussi retenir sa collaboration avec Luciano Emmer dans Paris est toujours Paris (1951), et Les Fiancées de Rome (1952), et sa seconde collaboration avec Emmer dans le méconnu Onze heures sonnaient (1951). Lucia Bosè a également tourné en Espagne, où elle fut tête d’affiche du très beau Mort d’un cycliste (1955) de Juan Antonio Bardem. Et elle s’offrit une jolie escapade dans les studios français, dirigée par Luis Buñuel dans Cela s’appelle l’aurore (1956), et faisant partie du brillant casting du Testament d’Orphée (1959) de Jean Cocteau.

Lucia Bosè, une filmographie exigeante

Après une pause de près dix années, Lucia Bosè fut la partenaire de Gian Maria Volonté dans Sous le signe du scorpion (1968) des frères Taviani, et collabora avec Federico Fellini pour Satyricon (1969). Dans les années 70, elle joua davantage des grands seconds rôles, aussi à l’aise dans l’univers esthétisant de Mauro Bolognini (Vertiges, 1974) que le cinéma d’horreur de Jorge Grau (Cérémonie sanglante, 1973), l’univers incantatoire de Marguerite Duras (Nathalie Granger, 1972), ou le cinéma d’auteur de Daniel Schmid (Violanta, 1977).

Par la suite, on l’a vu notamment dans Chronique d’une mort annoncée (1987) de Francesco Rosi, où elle jouait la mère d’Anthony Delon, et Le Dernier harem (1999) de Ferzan Ozpetek, dans lequel elle incarnait le personnage âgé de Marie Gillain. Lucia Bosè avait été l’épouse du torero espagnol Luis Miguel Dominguín (1926-1996). Leur fils est l’acteur et chanteur Miguel Bosè. L’actrice a succombé au Covid-19 le 23 mars 2020 à l’âge de 89 ans.