Alors que le cinéaste légendaire sera acclamé au Festival Lumière dès le 12 octobre, son grand œuvre jamais réalisé, Megalopolis, a désormais des chances de se concrétiser.

Il y a diverses manières de fantasmer les films jamais réalisées de démiurges mythiques : y consacrer un documentaire (Jodorowsky’s Dune), en imaginer les détours grâce aux travaux préparatoires conservés (au hasard, l’épais bouquin dédié au Napoléon de Stanley Kubrick), le faire réaliser (Spielberg tourna A.I : Intelligence Artificielle après le décès de Kubrick), voire le concevoir soi-même (L’homme qui tua Don Quichotte, de Terry Gilliam).

L’ambitieux Megalopolis est d’une autre trempe, imaginé par Coppola dont le rêve était d’en faire une cathédrale comme il savait les mener à bien. Rédigeant un script de plus de 200 pages narrant l’histoire d’un architecte rebâtissant la ville de New York ravagée par un cataclysme, acceptant de mettre en scène plusieurs long-métrages dans le seul but d’amasser des fonds suffisants à la mise en production, rencontrant de prestigieux noms (Nicolas Cage, Robert De Niro, Paul Newman…) afin de constituer un générique clinquant, Coppola se heurte hélas au réel lorsque la catastrophe du 11 septembre 2001 survient, coupant court sa détermination. Megalopolis est alors derechef remisé au placard.

Mais l’histoire ne s’arrête (heureusement) pas là. Si, en 2007, lors de la présentation parisienne de son Homme sans âge, le réalisateur du Parrain déclare avoir “abandonné la projet“, ce dernier refait surface en avril 2019, dans les colonnes de Deadline. A 80 ans, F.F. Coppola semble en effet bien décidé à commencer à tourner dans le courant de l’année cette “production très ambitieuse“. Soit. Mais l’annonce, un peu vague, permet surtout à l’entièreté de la planète de saluer l’éternel acharnement du bonhomme.

Le même magazine vient pourtant de communiquer que l’entreprise CAA venait de signer avec le cinéaste pour le financement et la distribution du long-métrage, en collaboration avec Zoetrope Films, la société fondée par le réalisateur et George Lucas à la fin des années 60. Un nouvel espoir est né, bien que nulle date de tournage ni acteurs (hormis Jude Law, qui n’était que pressenti) n’aient officiellement été annoncés.