Note des lecteurs

La Citadelle lâche et Izïa esquisse les fissures.

Ce 4e opus reprend la forme électro rock de son précédent album, La Vague (2015), sur une tonalité qui n’est pas sans évoquer également le Radiate de Jeanne Added (présente sur le morceau Chevaucher, qui n’est pas le meilleur son du projet). Citadelle aurait pu s’intituler similairement, tant il resplendit de lumières musicales. On y retrouve les mêmes reliefs et vertiges (le puissant Sunset, les boucles synthétiques de son duo happant avec Dominique A, Esseulés) qu’offre cette richesse musicale où l’on retrouve aussi des instruments traditionnels et des chœurs.

Izïa, après Jacques

On pense notamment à l’accomplissement magnifique de Idole, et sa sincérité de cri, et Dragon de métal, deux hommages à son père, Jacques Higelin, disparu un an et demi avant cette sortie, et dont on entend parfois des samples vocaux. « Tant, tu me manques tant, temps, tu me manques, le temps nous manque tant… ». L’émotion est palpable, d’autant que le titre Dragon de métal ouvre tout simplement l’écoute. Également présent, Arthur H, le frère, donc, offre aussi des percussions plus exotiques au titre Sentier qui permet de retrouver soleil et bonheur, sur la fin, dans ce qui n’aurait pu être que tristesse post-mortem.

Le rythme et l’efficacité dans le son et l’ADN vocal

Les arrangements accomplissent des miracles, inspirant, engageant l’auditeur aux rythmes endiablés de mélodies décidément efficaces : Sous les pavés, Trop vite, le single, sont des tubes à l’ancienne, rappelant l’époque où rap et hip hop n’étaient pas les seuls à truster les classements.

S’achevant sur des notes surprenantes, le pénultième et jazzy Cosmos qui retrouve sa place dans les cieux électroniques d’une Björk dans sa période bio… Pas de doute, Izïa, entre larmes et résistance s’offre dans ses textes et le titre final, l’affirme, elle veut « que tu saches ». Nous, on le sait désormais, un peu, beaucoup, énormément.

Sortie le 11 octobre / Label : Barclay

Frédéric Mignard

Izia sort Citadelle
© Barclay