Du Kid de Cincinnati de Norman Jewison à la franchise Men in Black, Rip Torn fut un solide second rôle du cinéma américain.

Le grand public se souvient surtout de Rip Torn pour son rôle de Z, le directeur de l’organisation secrète chargée de surveiller les extraterrestres sur Terre dans la saga Men in Black. Pourtant, sa filmographie, impressionnante, comporte bien d’autres œuvres plus marquantes, et il fut l’un des seconds rôles les plus appréciés du cinéma américain, aussi à l’aise dans des blockbusters que dans des films indépendants. Elia Kazan lui avait offert son premier rôle à l’écran dans Baby Doll (1956), où il incarnait un dentiste, mais les années 60 devaient le cantonner à la télévision (Alfred Hitchcock présente, Des agents très spéciaux). On le vit toutefois à son avantage dans Doux oiseaux de jeunesse (1962) de Richard Brooks, Le Kid de Cincinnati (1965) de Norman Jewison, ou Coming Apart (1969) de Milton Moses Ginsberg, où il était en tête d’affiche. Dans les décennies suivantes, il devait privilégier le cinéma, sauf en fin de carrière. Rip Torn fut ainsi remarqué dans L’Homme qui venait d’ailleurs (1976), le film culte de Nicolas Roeg, Y a-t-il un pilote dans l’avion ? (1982) de Ken Finkleman et Cross Creek (1983) de Martin Ritt, qui lui valut une nomination à l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle. On l’apprécia aussi dans Révélations (1999) de Michael Mann et Wonderboys (2000) de Curtis Hanson. Médecin dans Morts suspectes (1978) de Michael Crichton, militaire dans Canadian Bacon (1995) de Michael Moore, ou Louis XV dans Marie Antoinette (2006) de Sofia Coppola, il a multiplié les compositions. Ce vétéran du cinéma vient de nous quitter à l’âge de 88 ans.