Note des lecteurs

À l’instar de Henri Langlois ou Pierre Rissient, ce grand passeur du cinéma éprouvait une passion intense pour le septième art.

Fondateur de la Cinémathèque suisse qu’il dirigea de 1951 à 1996, critique de cinéma, professeur d’université et auteur d’ouvrages, Freddy Buache fut un défenseur ardent du cinéma. En 1945, à l’occasion d’une exposition « Image du cinéma français » à Lausanne, il découvrit Un chien andalou de Luis Buñuel et se lia d’amitié avec Henri Langlois, le musicien Joseph Kosma et le réalisateur Jean Grémillon, alors directeur de la Cinémathèque française, dont il avait adoré le film Lumière d’été. Sur les conseils de Langlois, il créa le Ciné-club de Lausanne en 1946, avant de fonder la Cinémathèque suisse qu’il dirigea pendant près d’un demi-siècle. Pour son inauguration, il accueillit Eric von Stroheim. Freddy Buache a défendu toute sa vie le grand cinéma d’auteur, de Godard à Angelopoulos, et a accompagné le nouveau cinéma suisse des années 70 (Tanner, Soutter, Goretta).

Lauréat d’un Léopard d’honneur décerné en 1998 par le Festival de Locarno (qu’il codirigea de 1967 à 1970), il a publié de nombreux livres, aussi bien sur le cinéma suisse qu’italien, anglais, allemand ou français (Nouvelle Vague, Claude Autant-Lara). Il dénonçait par ailleurs toute forme de censure ainsi que la marchandisation excessive des œuvres de cinéma.

En avril dernier, il a reçu la médaille de membre honoraire de la FIAF (Fédération internationale des archives du film), lors d’un congrès international qui s’est tenu à la Cinémathèque suisse. Freddy Buache était âgé de 94 ans.