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Le cru de Cannes 2019 du Festival est alléchant sur le papier, avec un équilibre entre sélection de cinéastes réputés et nouveaux auteurs dont certains seront, à n’en point douter, des révélations.

© FDC / Philippe Savoir (Filifox)

La sélection officielle : en compétition

Le Festival de Cannes 2019 a cherché un équilibre entre la sélection d’habitués et la volonté de découverte puisque huit réalisateurs sont présents pour la première fois.

La soirée d’ouverture sera animée par Edouard Baer. Charlotte Gainsbourg et Javier Bardem ouvriront le Festival dans une cérémonie qui réunira les membres du jury présidé cette année par Alejandro González Iñárritu. Le réalisateur mexicain avait été révélé à la Semaine de la Critique 2000 avec Amours chiennes et a depuis obtenu de nombreuses récompenses dont le prix de la mise en scène du Festival de Cannes pour Babel et l’Oscar du meilleur réalisateur pour The Revenant. Il sera entouré de l’actrice Elle Fanning, des réalisatrices Maimouna N’Diaye, Kelly Reichardt et Alice Rohrwacher (Heureux comme Lazarro), de l’auteur de BD Enki Bilal, ainsi que des réalisateurs Robin Campillo (De battre mon cœur s’est arrêté), Yorgos Lanthimos (The Lobster) et Pawel Pawlikowski (Cold War).

L’ouverture se fera avec The Dead Don’t Die de Jim Jarmusch qui s’initie au film de zombies. Le cinéaste qui avait été révélé avec une Caméra d’or (Stranger than Paradise) en est à sa huitième compétition officielle et avait été primé pour Mystery Train et Broken Flowers.

Crédit photo : Photo de Christine Plenus

Lauréats de 2 Palmes d’or (Rosetta et L’Enfant), 2 prix œcuméniques, un prix du scénario et un Grand prix, Luc et Jean-Pierre Dardenne concourent également pour la huitième fois avec Le Jeune Ahmed, récit des doutes d’un adolescent pris entre les idéaux de pureté de son imam et les appels de la vie.

Lui aussi lauréat de 2 Palmes d’or (Le Vent se lève et Moi, Daniel Blake) le vétéran Ken Loach rempile avec Sorry We Missed You, récit d’une famille qui se bat contre la précarité. Il s’agit de la quinzième participation de ce maître du cinéma social anglais qui avait aussi remporté 5 prix œcuméniques et 3 prix du jury.

Terrence Malick obtint quant à lui la Palme d’or pour The Tree of Life après avoir remporté le prix de la mise en scène pour Les Moissons du ciel. Une vie cachée, qui relate l’histoire d’un paysan autrichien ayant refusé de se battre aux côtés des nazis, est sa troisième participation en compétition.

Quentin Tarantino est lui aussi lauréat d’une Palme, le désormais culte Pulp Fiction. Par la suite en compétition avec Boulevard de la mort et Inglorious Basterds (prix d’interprétation pour Christoph Waltz), il avait aussi présenté Kill Bill volume 2 hors compétition. Annoncé avec les compléments de programme, Once Upon a Time… in Hollywood (avec Leonardo DiCaprio et Brad Pitt) se veut une déclaration d’amour au cinéma de son enfance.

Crédits : Sony Pictures International Releasing

La Palme d’or avait également honoré Abdellatif Kechiche avec La Vie d’Adèle. Cette année, les nouvelles sélections ont annoncé Mektoub, My Love : Intermezzo, second volet d’une histoire fleuve sur la jeunesse des années 90.

Deux autres cinéastes ont déjà été primés même s’ils n’ont jamais raflé la palme. Pedro Almodóvar est présent pour la sixième fois avec Douleur et gloire qui réunit Antonio Banderas et Penélope Cruz dans une histoire de retrouvailles familiales et amoureuses. Le réalisateur espagnol, dont les actrices de Volver avaient reçu un prix d’interprétation, a lui-même obtenu un prix du scénario, un prix de la mise en scène et un prix œcuménique lors de ses 5 précédentes présences.

Le vétéran Marco Bellocchio (Le Traître) en est à sa septième participation à la course à la Palme. Il proposera une histoire axée autour de la guerre entre parrains de la mafia dans les années 80. Seuls un prix œcuménique et un prix d’interprétation pour Michel Piccoli et Anouk Aimée (dans Le Saut dans le vide) l’ont jusque-là honoré.

L’encore jeune Xavier Dolan aura-t-il la récompense suprême avec Matthias & Maxime, sur l’amitié amoureuse entre deux garçons, qui est sa troisième sélection en compétition ? Mommy avait remporté le prix du Jury, quand Juste la fin du monde avait obtenu le Grand prix et le prix œcuménique.

Sixième film en compétition d’Arnaud Desplechin, Roubaix, une lumière réunit Léa Seydoux, Sara Forestier et Roschdy Zem. Le cinéaste a opté pour un thriller psychologique, souhaitant sans doute élargir son registre tout en étant fidèle à son art.

Parmi les autres réalisateurs qui avaient déjà été en compétition, Bong Joon-ho est l’un des plus attendus. Après Okja lié à la polémique Netflix, le cinéaste sud-coréen propose Parasite, un polar filmant les déboires de deux familles.

Kleber Mendoça Filho qui avait fait sensation il y a deux ans avec Aquarius présente cette année Bacurau (coréalisé avec Juliano Dornelles), incursion dans la science-fiction, tandis qu’Elia Suleiman, lauréat du prix du Jury pour Intervention divine, est pour la quatrième fois en compétition en présentant It Must Be Heaven, comédie amère sur un Palestinien cherchant une terre d’accueil.

Primé à Un Certain regard (Policier adjectif, Le Trésor), Corneliu Porumboiu est pour la première fois en compétition officielle avec Les Siffleurs, comédie policière sur un inspecteur corrompu.

Crédit Photo: © 2018 Guy Ferrandis / SBS Productions

Le Chinois Yi’nan Diao, lui aussi récompensé au Certain Regard (Train de nuit), entre en compétition avec le polar Le Lac aux oies sauvages, récit des déboires d’un chef de gang et d’une prostituée.

Deux réalisatrices françaises qui avaient brillé dans les sections parallèles font également leur entrée en compétition : Céline Sciamma (Naissances des pieuvres, Bande de filles) offrira Portrait de la jeune fille en feu, avec Adèle Haenel et Valeria Golino, qui nous transposera sur une île bretonne au XVIIIe siècle, tandis que Justine Triet (La Bataille de Solférino, Victoria), sera en lice avec Sibyl, qui réunit Virginie Efira, Adèle Exarchopoulos et Gaspard Ulliel.

Photo : Cédric Sartore

Des cinéastes viendront pour la première fois au Festival. Jessica Hausner, réalisatrice autrichienne (Lourdes) est sélectionnée pour Little Joe, film d’auteur de science-fiction, et l’Américain Ira Sachs pour Frankie, avec Isabelle Huppert.

Enfin, deux premiers longs métrages auront les honneurs de la compétition : Atlantique est une coproduction franco-sénégalaise de Mati Diop. Les Misérables de Ladj Ly nous transpose dans les milieux de la délinquance de Cherbourg.

La Dernière séance de la sélection officielle (hors compétition), nouvelle appellation du film de clôture, sera Hors normes d’Olivier Nakache et Éric Todelano. Vincent Cassel et Reda Kateb sont les interprètes de cette comédie qui se déroule dans un centre de formation pour jeunes autistes.

Le Festival ne manquera pas de programmer également des courts métrages et des films de la Cinéfondation dont certains seront distingués par un jury présidé par Claire Denis et composé de l’actrice Stacey Martin et des réalisateurs Eran Kolirin, Panos H. Coutras et Cătălin Mitulescu.

© FDC / Philippe Savoir (Filifox)
Copyrights Universal Pictures France 

La sélection officielle : Un Certain Regard, Hors compétition et Cannes Classics

Dix-huit films de la section Un Certain Regard seront évalués par un jury présidé par la réalisatrice Nadine Labaki et composé de l’actrice Marina Foïs, la productrice Nurhan Sekerci-Porst, ainsi que les réalisateurs Lisandro Alonso et Lukas Dhont dont le premier long métrage Girl avait irradié cette programmation l’an dernier.

Certains films sont particulièrement attendus. Nous pouvons citer Dylda de Kantemir Balagov (Tesnota), Les Hirondelles de Kaboul de Zabou Breitman et Éléa Gobbé-Mévellec, Chambre 212 d’Oliver Laxe (Mimosas), et Liberté d’Albert Serra (La Mort de Louis XIV).

Bruno Dumont a été sélectionné pour Jeanne, son nouveau film sur la Pucelle d’Orléans. Il a toujours été partagé entre la section Un Certain Regard et la compétition officielle où il fut récompensé pour L’Humanité et Flandres.

Christophe Honoré, dont Les Chansons d’amour et Plaire, aimer et courir vite avaient séduit en compétition officielle, réunit Vincent Lacoste et Chiara Mastroianni dans Chambre 212, une comédie autour du thème de la séparation amoureuse.

Affiche teaser – Photos 2019 : Eddy Brière – Les Films du Kiosque

Hors compétition, ainsi que pour des séances spéciales ou de minuit, d’autres réalisateurs ont été sélectionnés dont Nicolas Riding Refn, Alain Cavalier, Abel Ferrara, Werner Herzog, Gael García Bernal, le documentariste Patricio Guzmán et, dans un registre plus populaire, Nicolas Bedos et Claude Lelouch dont Les Plus belles années d’une vie se veut une suite d’Un homme et une femme… On trouvera même un biopic d’Elton John avec Rocketman de Dexter Fletcher. Les nouvelles sélections ont annoncé Lux Æterna, moyen métrage de Gaspar Noé, essai sur la cinéphilie avec Charlotte Gainsbourg et Béatrice Dalle.

Sylvester Stallone sera honoré avec une séance spéciale où il présentera des images de Rambo V. Un montage retraçant sa carrière sera suivi de la projection de la version restaurée de Rambo : First Blood de Ted Kotcheff.

Cannes Classics, spécialisé dans les œuvres restaurées du répertoire, célèbrera les 50 ans d’Easy Rider de Dennis Hopper, les 25 ans de La Cité de la Peur d’Alain Berberian, projettera Shining de Stanley Kubrick, avec une présentation d’Alfonso Cuarón, recevra la réalisatrice Lina Wertmüller et rendra hommage à Luis Buñuel et Miloš Forman. Des grands classiques ou raretés d’autres cinéastes, dont certains seront projetés au Cinéma de la Plage, feront les délices des cinéphiles, ainsi que cinq documentaires sur le cinéma.

La mémoire du septième art est également honorée avec l’affiche officielle, conçue par l’illustratrice Flore Maquin, qui rend hommage à Agnès Varda. Et Alain Delon se verra octroyer la prestigieuse Palme d’or d’honneur.

Alain Delon, Sylvester Stallone et Nicolas Winding Refn seront avec l’actrice Zhang Ziyi au cœur des masterclass à l’occasion de quatre rencontres qui remplacent la seule Leçon de cinéma.

© FDC / Philippe Savoir (Filifox)

Les sections parallèles

La Quinzaine des Réalisateurs dont le film d’ouverture est Le Daim de Quentin Dupieux proposera 24 longs métrages, accueillera le Philippin Lav Diaz (The Halt), le Japonais Takoshi Miike (First Love) et le Français Bertrand Bonello (Zombi Child). John Carpenter se verra décerner le Carrosse d’or de la Société des Réalisateurs de Films.

Spécialisée dans les premiers et seconds films, la Semaine de la Critique présentera 7 longs métrages et 10 courts en compétition, et des séances spéciales permettront de découvrir le premier film de la comédienne Hafsia Herzi (Tu mérites un amour) et un court métrage de Brandon Cronenberg. Le jury de cette section est présidé par le réalisateur colombien Ciro Guerra (Les Oiseaux de passage), entouré de l’actrice Amira Casar, la productrice Marianne Slot, la journaliste Djia Mambu et le réalisateur Jonas Carpignano, révélé à la Semaine avec A Ciambra et Mediterranea.

La section ACID quant à elle mettra à l’honneur 9 longs métrages, dont 4 documentaires : 7 sont des premiers films et 4 ont été (co)réalisés par des femmes. 


Crédits : Eliott Fournié

Signalons aussi que la réalisatrice Yolande Zauberman (M) présidera le jury de l’Œil d’or qui récompense le meilleur documentaire de toutes les sections du Festival. Ce jury réunira l’actrice Romane Bohringer, l’acteur et réalisateur Éric Caravaca, le journaliste Iván Giroud et le réalisateur Ross McElwee.

L’actrice Virginie Ledoyen présidera quant à elle le jury de la Queer Palm composé de la chef opératrice Claire Duguet, la comédienne Kee-Yoon Kim et les réalisateurs Filipe Matzembacher et Marcio Reolon.

Enfin, le jury de la Caméra d’or qui honore le meilleur premier long métrage de l’ensemble des sections sera présidé par le documentariste Rithy Panh et réunit la réalisatrice Alice Diop, la critique Sandrine Marques, le directeur de la photo Benoît Delhomme et l’ingénieur du son Nicolas Naegelen.

 

Gérard Crespo