Et explosent maints records à l’occasion.

Il était très attendu, oblitérant, avec ses 200 millions de dollars dépensés en communication, l’espace médiatique, et ne déçoit pas : le vingt-deuxième volet de l’interminable univers étendu Marvel, Avengers : Endgame, devient, coup sur coup et dès ses premiers jours d’exploitation le plus gros succès de l’année aux États-Unis (devant Captain Marvel) et dans le monde (déjà 1,2 milliard engrangés, dont plus de 200 millions en Chine, 20 au Royaume-Uni et en Corée du Sud et 13 en France), et le plus gros démarrage jamais enregistré sur ces mêmes terres (plus de 350 millions de dollars amassés). C’est tout bonnement phénoménal.

Face à ce mastodonte, la concurrence peut-elle exister ? La réponse, pas surprenante pour un centime, est évidemment négative : sur la deuxième place du podium, nous retrouvons Captain Marvel, qui en est à 413 millions de dollars aux États-Unis, et 1,2 milliard dans le monde entier. Wonder Woman, dépassée depuis belle lurette à l’international (l’héroïne DC avait enregistré un cumul final total de 820 millions de dollars), se voit désormais battue sur ses propres terres par sa rivale. Le film porté par Gal Gadot avait arrêté sa course à 412 millions de dollars de recettes en 2017.

Qui pour jouer sur les mêmes terres que le surpuissant univers Marvel ? L’univers cinématographique Conjuring, bien sûr : La Malédiction de la Dame Blanche, énième opus de cette saga horrifique très lucrative, accueille 7,5 millions de dollars supplémentaires dans ses caisses – soit plus de 70 % de recul par rapport à la semaine passée –, pour un butin total de 85 millions de dollars à l’international, dont une quarantaine au bercail. Un résultat honnête pour son budget resserré (9 millions de billets verts).

Shazam !, le film de super-héros mutin devant prendre la relève de ses sombres confrères (Homme-chauve-souris et autres Superman), en gagnant encore 5,5 millions de dollars, dépasse les 130 millions de dollars aux États-Unis. L’entourent, les productions plus modestes Breakthrough (« La Percée », un drame tire-larmes qui conte la survie d’un enfant ayant passé un quart d’heure dans de l’eau glacée, dépasse les 25 millions de recette) et Little (une comédie narrant les déboires d’une femme revivant son adolescence à cause d’un mauvais sort, au coût de 20 millions de dollars), qui, avec 3 millions de dollars supplémentaires, atteint les 35 millions.

La fin du classement montre divers longs-métrages sortis se partager les miettes. Nous noterons simplement que Us est toujours en-deçà des résultats de son prédécesseur Get Out, aussi bien sur son sol (172 millions contre 176 millions) qu’à l’international (250 millions contre 255 millions). Le premier-né demeurera donc vainqueur, car, quand bien même il serait dépassé, sa rentabilité restera bien supérieure à celle de Us (il a coûté 4,5 millions de dollars, soit plus de quatre fois moins que son successeur).

Quant aux échecs certifiés Hellboy (la nouvelle version du sombre super-héros cramoisi et cornu a rapporté 21 millions pour 50 millions de budget) et After (ce sous-50 nuances de Grey qui cartonne en France ne remboursera pas sur son sol ses 14 millions de dollars de budget), ils ont pour devoir de se rattraper à l’international. Le premier n’est pour le moment sorti nulle part, et le second y a déjà gagné l’essentiel de ses bénéfices (plus de 35 millions de dollars). Ce qui est suffisant pour lancer la production du Chapitre 2.

Article de Jean-Paul de Harma

Copyrights : Marvel Studios – Walt Disney Pictures